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Les lycéens footballeurs de Littré sensibilisés contre l’homophobie

Hier, le lycée Littré organisait pour tous les élèves de la section football une action de sensibilisation contre l’homophobie, menée par l’association Foot Ensemble.

« Quand tu es dans un collège et que tu te fais traiter de sale p***, tu es seul. Il n’y a pas grand monde avec toi. » Dès le début de son intervention, Yoann Lemaire avait prévenu les lycéens : aujourd’hui, il n’utiliserait pas d’euphémisme, mais les mots crus, tel qu’il les a souvent entendus. Fondateur de l’association Foot

ensemble, il a longtemps subi l’homophobie dans le milieu du ballon rond. Au point de vivre des menaces, des suspensions et une grande insécurité. Depuis, il a fait de la lutte contre ce fléau sa priorité. Ce jeudi 12 février, il était invité au lycée Littré, à Avranches, pour plusieurs interventions auprès de toutes les classes de football, à l’initiative d’un professeur d’histoire-géographie, Frédéric Frémy. « Cela fait deux ans que j’essaie d’organiser ça, car les discriminations sont au programme de seconde. Nos élèves sont éduqués mais il y a toujours des petites discriminations. Cette sensibilisation, c’est nécessaire », estime l’enseignant.

La classe est attentive surtout quand elle apprend que la première cause de suicide chez les 12-25 ans, c’est l’homophobie. « Les insultes viennent souvent des footeux. Aujourd’hui, je viens vous en parler pour que vous ne deveniez pas comme ça », explique Yoann Lemaire. Pour appuyer ses propos, il a filmé Didier Deschamps, Antoine Griezmann et d’autres footballeurs connus.

Le message vidéo passe mais pas complètement. La discussion est essentielle. « Quand Griezmann dit qu’il regrette de n’avoir jamais eu de coéquipier qui lui fait son coming out, bah je trouve ça bizarre » , commence Marius. « Quand on a grandi dans le foot dès l’âge de 5 ans, on a appris les coutumes de nos camarades, donc

peut-être qu’il n’a jamais croisé de gay », se demande Léo. Yoann Lemaire remet les points sur les I. « Statistiquement, vu le nombre de coéquipiers qu’il a eu, c’est impossible. Ce n’est pas un choix d’être gay. »

Ilan, lui, semble choqué d’entendre les risques d’agressions et la violence que peuvent subir les joueurs homosexuels. Il préconise donc de rester caché. « Il y aura toujours des gens qui auront la haine, donc peut-être qu’il ne faut simplement pas s’afficher… »

L’intervenant rappelle que cette option n’est pas tenable pour tous, que beaucoup aimeraient « vivre normalement. C’est dur ce que tu leur demandes ». Le lycéen footballeur va au bout de son idée : « Si quelqu’un aime les femmes, il n’a pas besoin de le dire aux autres. »

« C’est parce que c’est la norme. Mais quand tu es exclu par un milieu que t’aimes vraiment, où tu vis des émotions que tu ne trouveras jamais ailleurs, c’est destructeur », souligne Yoann Lemaire. La sensibilisation se termine là-dessus. Plusieurs jeunes viennent le remercier. Il repart satisfait. « Ce sont des gamins éduqués, qui se posent des questions. C’est déjà beaucoup pour un milieu où c’est de bon ton de faire des blagues homophobes et sexistes. »

Audrey Le Roux in Ouest France, le 13 fevrier